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Götterdammerung in Berlin, partie 3

Berlin, 28/04/1945, nuit d’encre

Le 6 octobre 2008, par Clément Bertrand

La tête de pont russe au-delà du SandBrücke représente une sérieuse menace pour le dispositif de défense allemand : le front risque de s’élargir considérablement si les russes débouchent au nord. Or, les troupes à disposition sont insuffisantes pour tenir efficacement une telle ligne de défense. La décision est donc prise de lancer une contre-attaque dès la tombée de la nuit pour réduire le saillant russe.


Pour cela, les derniers renforts parachutistes sont mobilisés : tout ce qui pourra être rassemblé de la 9è division de parachutistes (2 sections 5-4-8, 2 sections 4-4-7, 1 section de MG et 2 canons AT de 75) doit reconquérir le terrain perdu en fin d’après-midi.

Une section de pionniers est subordonnée au dispositif. Les éléments de la SS et du Volkssturm déjà présents sur le terrain ont pour mission d’appuyer l’attaque principale par des manoeuvres de diversion. La proximité de l’ennemi empêche tout soutien d’artillerie et doit jouer en faveur de l’attaquant qui bénéficie de l’effet de surprise.

Le premier objectif est le nettoyage des immeubles à proximitié de la sortie Est du Pont (BB1-2, AA3-BB2) et des maisons adjacentes (AA2 et AA4).

Une fois les bâtiments tombés entre les mains des troupes d’assaut allemandes, la prise du bâtiment X1 dominant le pont pourra être envisagée.

Les dispositifs de défense au sortir des ponts Moltke et Admiral Scheer sont maintenus (pour le premier) voire renforcés (pour ce qui concerne les abords de la passerelle piétonnière) par des éléments du Volkssturm placés en réserve.

Côté russe, le bilan de la journée est plutôt positif. Les frontiviki ont fait preuve d’une redoutable combativité ! Les pertes sont toutefois importantes, en particulier parmi les troupes d’assaut et les blindés. La tête de pont établie à l’Est de la Spree au-delà du SandBrücke apparait cependant bien fragile. Il ne faut pas laisser le temps à l’allemand de se ressaisir : l’attaque doit se poursuivre cette nuit ! Malgré la précarité de la position et l’absence de soutien d’artillerie possible compte tenu de la proximité des lignes ennemies, une attaque générale est prévue cette nuit. L’objectif principal est d’élargir la tête de pont au nord.

Parallèlement, une attaque de diversion sera lancée sur le pont Moltke : cette dernière ne doit toutefois pas conduire à une saignée des troupes présentes dans le secteur : l’appui des blindés, au moins pour la traversée du pont, est indispensable pour nettoyer les obstacles qui encombrent l’ouvrage d’art. Trois vagues d’assaut sont constituées, sur la base des troupes déjà présentes sur le terrain. Une forte couverture de mitrailleuses positionnées dans les bâtiments des douanes préviendra une éventuelle contre-attaque allemande.

Par ailleurs, la passerelle Admiral Scheer doit nous permettre d’infiltrer des troupes dans la défense ennemie : une attaque d’infiltration (de la taille de 1 ou 2 sections) sera menée dans cette direction afin principalement de détourner l’attention des allemands.

L’axe d’attaque principal se situera bien sûr au nord. L’état-major général engage des moyens importants pour cette attaque décisive : une compagnie de T34, appuyée par des canons d’assaut (SU100 et ISU152), embarqueront une compagnie de 1ère ligne, avec pour objectif de déborder les défenses allemandes en s’infiltrant le long des quais du port de Humbolt et en fonçant vers le sud, sans se soucier des flancs. La réussite de cet assaut se base sur la rapidité : les pertes importent peu. En cas de succès, les troupes russes devraient pouvoir amener les allemands à reculer jusqu’au sud de la Spree. Les régiments de frontoviki tomberaient ainsi au plus près du Reichstags !

TOUR 1

Mauvaise surprise pour les allemands… Des bruits sourds de chars en mouvement se font entendre au front, alors que les sections d’assaut prennent positions sur leurs lignes de départ. Il semblerait que les russes n’aient aucunement l’intention de céder la tête de pont chèrement acquise à l’Est de SandBrücke.

Malgré la menace, des groupes mixtes de pionniers et de felgrau se glissent hors du bâtiment CC1 pour pénétrer dans les immeubles adjacents. Le rez-de-chaussée a été abandonné par les soldats russes qui se sont retranchés silencieusement dans les caves et les étages. A partir du bâtiment CC3, une section du Volkssturm pénètre le bâtiment BB2, menée par un vigoureux sous-officier de la Wehrmacht.

La maison AA4 est prise par un groupe de WaffenSS : les russes se replient alors que leurs adversaires dégoupillent déjà leurs grenades (DR12 en CC).

Les paras suivent de près les groupes d’assaut en débouchant du boulevard derrière la ligne de défense principale.

Les russes n’ont pas eu le temps de regrouper les moyens nécessaires pour tenir tête aux allemands. La maison AA2 abrite toutefois une section du génie équipée d’un précieux lance-flammes et constitue la colonne vertébrale de la défense des soldats russes et sur laquelle ils entendent bien voir les assauts allemands se briser.

Les pertes sont pour l’instant légères en ce début d’assaut : un squad dans chaque camp, en corps à corps.

TOUR 2

Les blindés russes se rapprochent en colonne du SandBrücke. Pendant de temps, les frontiviki tentent de résister à la fureur de l’assaut allemand. Les tirs de la section du génie parviennent à faire tourner les talons à quelques feldgrau. Mais les soldats allemands affluent toujours plus nombreux et engagent les troupes d’assaut russes en corps-à-corps.

Afin de se soustraire aux tirs de riposte, les soviétiques postés dans les bâtiments BB1 et BB2 refluent vers les étages et se terrent dans les caves. L’ennemi prend pied en CC2 et malgré le recul d’un squad et de leur leader, les Volkssturm parviennent à se glisser dans les caves de BB2. Un meutrier jeu du chat et de la souris se met en place dans ce quartier de Berlin.

Pendant ce temps, un char lourd qui tentait de déblayer la sortie nord du pont Moltke s’immobile au pied de la barricade, chenille rompue. Les SS situés sur la berge opposée retiennent leurs tirs, observant les efforts russes à l’abri d’une nuit particulièrement sombre.

TOUR 3

La pénombre s’intensifie (NVR 2).

Au nord, le corps-à-corps engagé dans la maison AA2 semble tourner à l’avantage du russe dans un premier temps. Une quinzaine de soldats russes menés par un énergique chef de compagnie (9-2), jaillissent du bâtiment X1, traversent la rue et viennent renforcer les défenseurs. Les pionniers allemands survivants se retranchent dans une pièce en attendant les renforts, vidant les chargeurs de leurs Sturmgewehr. Alors que paras et landers traquent les russes dans les étages des immeubles BB1 et BB2, un groupe de pionniers se glisse dans la nuit et place deux charges de démolition au pied de la maison AA2 : les détonations vont trembler les murs de la maison et surprennent les défenseurs russes qui lâchent prise. Une trentaine de soldats allemands profitent de l’ébahissement de l’adversaire pour mener un nouvel assaut et éliminent la plupart des soviétiques à la grenade dans un sanglant cors-à-corps.

Les deux immeubles tenus jusque là par les russes sont quasiment investis par les allemands, à l’exception du 1er étage de AA3. Les allemands ne font aucun prisonnier.

La compagnie blindée russe passe le SandBrücke : les chars de tête se heurtent rapidement aux WaffenSS qui maintenaient la pression sur les points d’appui russes à partir de la maison AA4 fraîchement conquise. Un T34 est touché par une charge creuse de panzerfaust alors qu’un autre est pris à partie par un squad SS et détruit au moyen d’une mine magnétique.

Envoyés en éclaireurs de la compagnie blindée, un SU76 et un T34 avancent vers le sud en longeant les quais de Humbolt. Ils sont rapidement pris sous le feu de plusieurs tirs de panzerfausts et d’un canon AA20 placé en Z8. Le SU76 est d’abord immobilisé par les tirs du canon antiaérien au coin de la rue (Y7) puis totalement détruit par coup au but de panzerfaust. Le T34 est transformé en carcasse fumante par une torpille de panzerschrek au même endroit. Les équipages s’enfuient paniqués. Au vu du danger, les allemands regroupent tous les moyens humains disponibles dans le secteur.

Dans le même temps, une section de frontiviki aborde la passerelle pédestre et débute la traversée du port de Humbolt. La menace d’un contournement pèse sur la défense allemande, qui ne dispose dans le secteur que de quelques gamins de la hitlerjugend placés en réserve.

TOUR 4

La nuit s’assombrit de plus en plus (NVR 1).

Le corps-à-corps se poursuit dans la maison AA2. Les russes parviennent une nouvelle fois à renforcer les défenseurs et reprennent à nouveau le dessus. Les allemands semblent au bout de leurs forces. Cette résistance inattendue leur barre le passage vers leur objectif final, l’immeuble X1. Un squad de paras mené par un sous-officier tente malgré tout de traverser la rue pour s’en emparer mais est annihilé à bout portant par un squad russe dissimulé dans les caves (Z0), à la lueur d’une fusée éclairante judicieusement tirée des lignes russes. L’affaire se corse. D’autant que les allemands sont saignés à blanc par cette mêlée, alors que les soviétiques parviennent encore à acheminer des renforts.

Le long du quai de Humbolt, les chars russes poursuivent leur tentative de percée. Trois autres T34 sont malgré tout détruits par les armes antichars légères allemandes particulièrement meurtrières. Malgré les risques, les allemands tirent à partir des caves et des ruines longeant le quai. Les carcasses fumantes des chars soviétiques jonchent la rue. L’infanterie débarquée prématurément dès la sortie du pont se jette sur les défenses allemandes nouvellement conquises. Tout le secteur résonne des tirs d’armes automatiques. Les volkssturm finissent par détaler, mais la ligne allemande tient le choc. La situation devient pourtant précaire. D’autant que 3 chars T34 ont réussi à percer et atteignent le pont de la SBahn (W8-9) : des fantassins débarquent et tentent de s’infiltrer dans le dos de la défense allemande. Ces derniers ont tout juste eu le temps de rassembler quelques troupes (une section de la Wehrmacht arrivée en renfort avec les paras) et improvisent une contre-attaque : Y8 est repris aux russes en corps-à-corps.

Les pertes augmentent de façon alarmante dans les deux camps : les russes ont déjà perdu une demi-douzaine de chars et de nombreux soldats ont perdus la vie dans des corps-à-corps sanglants. Les allemands quant à eux ne possèdent virtuellement plus aucune réserve hormis une section de la HJ située au-delà de l’hôpital de la Charité.

TOUR 5

Les combats se déroulent désormais à la seule lueur des chars incendiés (NVR 0).

La nuit est zébrées par les traçantes, les coups de départ des canons de chars et les flammes vacillantes des carcasses rougissantes des blindés… Les chars stoppent leurs moteurs et demeurent là où ils sont. Aucune fusée éclairante n’est lancée, de peur de révéler la position des mastodontes désormais bien vulnérables. Même les allemands se refusent à illuminer le terrain, trahissant par la même leur faiblesse. Les russes tiennent encore désespérément la maison AA2. Mais la persévérance et le courage de ces soldats semblent porter ses fruits : les allemands lâchent prise tout en essuyant de lourdes pertes. Il semblerait désormais que la situation, quoique toujours précaire, tourne définitivement à l’avantage des soviétiques. La tête de pont serait-elle sauvée ?

Sur le pont Moltke, les troupes du génie profitent des ténèbres pour déblayer la sortie nord du pont. Il ne reste désormais plus qu’à en traverser les barbelés et nettoyer la partie sud du pont. Mais l’affaire est trop compliquée sans appui blindé, et l’attaque est reportée au lendemain.

Par ailleurs, des troupes russes sont parvenues à s’infiltrer sans opposition sur la rive Est de la passerelle pédestre : près de 60 frontiviki viennent désormais constituer un nouveau danger face au centre de la défense allemande (W13 à W15). Les adolescents de la HJ présents dans le secteur (bâtiment Y14) sont envoyés à la boucherie…

TOUR 6 et 7

NVR1.

Les russes maintiennent la pression au nord. Une nouvelle vague de renforts, ralliés des combats précédents et soldats rapidement débarqués des chars, se lancent contre les bâtiments tenus par les allemands. La pression est cette fois-ci trop forte : les allemands partent en débandade vers l’Est. Seuls les SS maintiennent un semblant de cohésion et stoppent les soviétiques en AA4. Plus aucun renfort n’est disponible du côté allemand…

Profitant de leur avantage, les soviétiques poussent vers l’Est et reprennent les bâtiments cédés à l’ennemi au début du combat, pénétrant même dans les positions initiales allemandes (CC1-DD1). Aux abords de la passerelle pédestre, les soldats de la HJ n’offrent qu’une piètre résistance face aux infiltrés russes : la moitié des ruines est rapidement cédée à l’ennemi qui, faute de forces suffisantes, ne peut toutefois pas exploiter son succès.

Les feldgrau de la Wehrmacht et du Volkssturm rassemblés pour stopper les chars russes sur les quais de Humbolt parviennent à détruire deux des trois derniers chars, mettant fin aux espoirs russes de percée par les quais. Les frontiviki débarqués hâtivement se retrouvent dos au mur et sont progressivement éliminés.

VICTOIRE RUSSE

Malgré leur succès initial, les allemands ne sont pas parvenus à aborder le bâtiment X1 et la sortie du SandBrücke. La farouche résistance des russes dans la maison AA2 a brisé tous les assauts allemands et tout espoir de réduire la tête de pont. Malgré la perte d’une dizaine de chars, les russes emportent la journée sur le terrain, en rejetant les allemands au-delà de leur ligne de départ et en conquérant une nouvelle tête de pont sur les quais de Humbolt, à la sortie de la passerelle pédestre. Les pertes humaines sont élevées des deux côtés. Mais au final, les russes sont gagnants, réussissant plus aisément à remplacer les pertes. L’usure dans le camp allemand commence à se faire sentir : le front à défendre est désormais plus large, et les opportunités d’attaque du russe sont plus nombreuses.

Toutefois, les russes n’ont pas eu l’occasion de lancer une attaque en règle sur le pont Moltke. La prise de cet objectif primordial est reportée au lendemain matin.

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